APL : la sonnette d’alarme est tirée

Ce dimanche 13 avril, dans le cadre des 50 milliards d’euros d’économies, la presse se faisait écho d’une proposition de la Cour des Comptes conduisant à supprimer les aides au logement des étudiants non boursiers. Cette mesure, si elle devait voir le jour, serait une attaque historique contre les jeunes et leurs familles.

La FAGE s’élève vivement contre une proposition rétrograde, bien loin de la « priorité jeunesse » pourtant feuille de route publiquement affichée du gouvernement.

APL, une aide imparfaite mais essentielle

Ce sont aujourd’hui plus de 700 000 étudiants qui bénéficient des aides au logement. Pourtant, les mesures proposées par la Cour des Comptes, dans le cadre des 50 milliards d’économies, mettent plus de 500 000 d’entre eux en danger.

Les derniers chiffres de l’OVE (Observatoire de la Vie Étudiante) sont une source d’analyse essentielle dans l’approche de la problématique des conditions de vie des étudiants. En effet, ce sont aujourd’hui 68 % des étudiants qui sont décohabitants. Par ailleurs, le budget mensuel d’un étudiant décohabitant est estimé en moyenne à 800 € par mois afin de couvrir l’ensemble des dépenses obligatoires.

Les aides au logement touchent aujourd’hui près de 500 000 étudiants non boursiers décohabitants. Les ressources qu’offrent les APL sont donc essentielles pour ces étudiants puisqu’elles constituent la seule aide financière étatique.

Néanmoins, les APL subissent plusieurs critiques justifiées. Bien qu’essentielles, de nombreux étudiants n’y ont souvent pas accès pour cause de « précarité administrative », qui empêche certains étudiants d’accéder à cette aide, faute d’informations. Ce n’est pas l’unique critique faite aux APL puisque le système de calcul ne prend que très peu en compte le bassin économique. En effet, aujourd’hui répartie en 3 grandes zones, l’APL varie pour une personne seule entre 290 € (montant maximum IDF) et 237 € (montant maximum communes – 100 000 habitants).

La FAGE demande depuis plusieurs années une réforme des aides sociales bénéficiant aux étudiants afin de répondre à la fois à la précarité administrative, en mettant en place un dossier unique de vie étudiant faisant du CROUS le guichet unique des aides sociales.

Les conditions de vie et d’études impactées

Les aides au logement sont, comme dit précédemment, souvent l’unique aide financière étatique dont peuvent bénéficier les étudiants non boursiers et décohabitants. Ces étudiants sont donc dépendants de l’aide matérielle et financière que peuvent leur offrir leurs parents. Or, les familles les plus modestes exclues du système des bourses sur critères sociaux voient les APL comme la seule aide permettant à leurs enfants d’accéder à l’enseignement supérieur.

L’OVE chiffre dans sa dernière enquête à 43 % le nombre d’étudiants qui estiment ne pas avoir assez d’argent pour vivre. La plupart de ces étudiants sont soit des étudiants à faible échelon de bourse soit des étudiants non boursiers ne bénéficiant que des APL. Supprimer les APL pour ces étudiants serait donc l’une des mesures les plus rétrogrades envers l’accès à l’enseignement supérieur de la jeunesse. Avec une telle annonce, la feuille de route pourtant fixée de la « priorité jeunesse » prend du plomb dans l’aile. Les étudiants non boursiers n’auraient donc que 2 solutions pour poursuivre leurs études :

  • vivre chez leurs parents afin de diminuer les coûts budgétaires ;
  • se salarier pour financer leurs études.

La FAGE est attachée à la solidarité familiale afin de financer l’éducation des enfants. Néanmoins, cette dernière doit se faire dans le cadre d’une mise en responsabilité afin d’acquérir une indépendance progressive. Ainsi, la cohabitation familiale n’est pas la meilleure solution. Par ailleurs, dans une société où la mobilité est un avantage conséquent, nous ne pouvons contraindre les étudiants issus des classes moyennes à renoncer à des poursuites d’études pour cause d’éloignement du domicile familial.

Enfin, la seconde solution pour les étudiants non boursiers serait, face à une suppression des APL, de se salarier. Aujourd’hui, ce sont déjà 49 % des étudiants qui se salarient au cours de l’année universitaire : 51 % d’entre eux affirment le faire afin de subvenir aux besoins quotidiens. La suppression des APL pour les étudiants non boursiers aurait pour conséquence une explosion du salariat étudiant contraint et donc délétère pour une poursuite sereine des études.

Une solution : l’Aide Globale d’Indépendance (AGI)

La FAGE milite pour une réforme des aides sociales en faveur des étudiants avec la mise en place de l’Aide Globale d’Indépendance : l’AGI.

Cette réforme des aides sociales se construit en 2 volets :

  • L’aide sociale directe

Relative aux besoins quotidiens de l’étudiant, elle sera déterminée en fonction de la situation personnelle et familiale de l’étudiant (revenus du foyer, distance entre le domicile parental et le lieu d’enseignement, …). La nouvelle aide sociale sera progressive afin de s’adapter à la situation de chaque étudiant.

  • L’aide au logement

Le calcul de l’aide sera désormais indexé sur le montant du loyer moyen propre au bassin de vie de l’étudiant. L’aide au logement sera calculée sur la base du loyer moyen pour un logement de 20 m², permettant à tous les étudiants vivant dans le même bassin de vie de bénéficier du même montant d’aide au logement.

Le financement de l’AGI repose sur une idée simple : mieux répartir les aides allouées aux étudiants. Ainsi, à travers les moyens déjà alloués aux bourses sur critères sociaux, les aides au logement et la demi-part fiscale, une bonne partie du financement serait trouvé. Une solution complémentaire serait la suppression de la niche fiscale existant aujourd’hui, notamment sur les frais d’inscriptions que paient les parents pour leurs enfants du primaire à l’enseignement supérieur.

 

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